Mathias Delplanque

Mathias Delplanque
« DRACHEN »

Nouvel album sur Ici d’Ailleurs (série « Mind Travels »)

« Mathias Delplanque est un artiste nantais né au Burkina Faso qui cultive des liens étroits avec les sphères de l’ambient, des musiques électroniques, électro-acoustiques et concrètes ainsi que du dub et du field recording. Son approche est donc intimement liée à la création du son. Le son au sens physique du terme, celui qui traverse le corps pour en modifier les perceptions, sans jamais sombrer dans l’académisme que l’on retrouve parfois dans les musiques qui s’apparentent à de la recherche purement sonore. Il n’est pas question de théorisation ici. Il s’agit simplement de s’interroger sur l’ensemble des possibilités qui permettent de pousser une vision artistique à son paroxysme. Cela fait maintenant 15 ans de que Mathias peaufine cette démarche, que ce soit en son nom propre ou sous différents pseudonymes (Bidlo, Lena).

Pourtant, le postulat de base de l’album qui nous intéresse aujourd’hui diffère un peu de celui ses autres productions. Là où Mathias prend habituellement tout son temps pour ciseler avec finesse et obsession le moindre détail, Drachen (Dragons en allemand) se révèle être un album beaucoup plus direct et incisif. De son propre aveu, il s’oblige à travailler dans l’urgence pour se pousser à la faute, provoquer l’accident pour se libérer de ses automatismes. Partant de l’idée que les impuretés peuvent elles aussi donner vie à la musique, il préfère parasiter la matière plutôt que la sublimer, allant même jusqu’à créer des interférences avec son téléphone portable pour perturber le rythme et l’harmonie de ses compositions. Drachen est donc un album périlleux, aussi bien pour son auteur que pour l’auditeur.

Mais le résultat n’en est pas moins imposant. Car si la remise en cause des acquis est un point essentiel du disque, il demeure une sensibilité intacte lorsqu’il s’agit de provoquer des émotions. Associant toutes sortes d’instruments (guitare, basse, mélodica, kora, synthés…) à un traitement électronique live, il parvient à faire ressortir de cette masse sonore une belle mélancolie, voire une certaine tendresse, malgré le caractère brut de l’ensemble. Un ensemble constitué de 7 pièces bien distinctes mais qui s’imbriquent les unes les autres pour former un tout cohérent. Bien qu’instrumental, Drachen est un album largement narratif qui raconte sa propre histoire. Cela nous rappelle, et c’est nécessaire, que le son et par conséquent le silence constituent à eux seuls de fantastiques vecteurs de communication.

En fin de disque, une huitième piste en forme de coda fait son apparition. Une manière d’ouvrir l’histoire tout en offrant une conclusion à l’album. Introduite par des field recordings enregistrés en 2008 dans le village de Gandefabou dans le nord du Burkina Faso, elle présente un environnement calme et plein d’humanité. Un morceau lourd de sens si l’on considère la situation actuelle de cette région du monde, en prise au djihadisme et aux transformations politiques ».

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