Aaron Dilloway & Jason Lescalleet, Artistes GRM

https://vimeo.com/47652485

Aaron Dilloway & Jason Lescalleet – Grapes and Snakes (PAN, 2012)

Various Artists « Traces One » (REGRM 004 / editions mego) Coordination GRM: Christian Zanési & François Bonnet

Jason Lescalleet manipule des cassettes ainsi que diverses objets préparés. Quant à Aaron Dilloway, il joue un rôle central sur la scène noise/indus, notamment en tant que membre du duo Wolf Eyes.
Leur collaboration, éditée en vinyle par le label allemand PAN, est une plongée dans les spirales d’un tourbillon qui vous largue, on ne sait pas trop où .. espace, Terre, brume, poussière, eau, éther, mercure, air, souffre..

Une introduction idéale pour atterrir sur « L’Orviétan » de Beatriz Ferreyra « L’Orviétan » (1970) puis « Turmac » de Philippe Carson

Il fait un froid sec et glacial sur la rive de cet mer sombre et noire sans nom. On entend le vent comptant des histoires étranges venant des bois. On écoute des cris étouffés tournant en boucle et des sirènes de bateau, annonçant leur arrivée ou départ. Pourtant on ne voit rien venir ..

Deux disques pour une plongée, rendant plus piquant le froid, la solitude de cette plage désertée. Une montée avec une angoisse de plus en plus pressante : « qu’est-ce que je fous là ? » .. Ne comptez pas sur Francis Regnier pour vous réconforter « Chemins d’avant la mort » (1968).

Mais on garde le moral !🙂

e descente aux enfers cauchemardesque à base de synthétiseurs analogiques et de bandes magnétiques.

Deux faces, deux pièces, deux angoisses. Ce n’est pas forcément une musique massive, forte et agressive. Les nappes du duo peuvent être calmes et douces. Mais toujours, il y a cet aspect dérangeant, cauchemardesque. Dilloway et Lescalleet créent un monde sonore sombre et terrifiant, où une nymphomane psychopathe semble pouvoir surgir à tout instant pour vous éventrer. Un monde où des nains héroïnomanes surveillent vos faiblesses. Comme un cauchemar récurrent où se mêlent toutes vos phobies et vos angoisses. Un cauchemar qui ne s’arrête pas au réveil, qui pénètre la réalité. Un cauchemar qui transforme la réalité en un phénomène flasque et flou, un phénomène qui ne semble pas plus vrai que vos peurs.

Bien sûr, Dilloway et Lescalleet s’amusent des propriétés psychoacoustiques du son, jouent sur les dissonances ultra-aiguës et les masses de sons graves et lentes. Des drones qui évoluent par variations microscopiques, des rythmes industriels lents, mécaniques et hostiles. Les paysages évoluent peu, lentement. Mais la progression en est d’autant plus flippante, car on connaît le but. Ou on croit le connaître. Un but malsain, qui nous ramène à nos peurs. Une progression vers un fonds cauchemardesque interminable.

Grapes and Snakes est une plongée terrifiante dans un cauchemar psychotique et angoissé. Une plongée qui n’en finit pas de descendre. Une plongée qui ne cesse d’exacerber l’angoisse. Grapes and Snakes fait partie de ces rares disques qui parviennent à déranger même les plus habitués de la noise psychoacoustique, du drone malsain ou de l’indus décalé. Ces deux pièces forment deux descentes dans les tréfonds de l’angoisse, de la psychose halluciné, et du cauchemar névropathe. Un disque sombre, dérangeant, extrêmement puissant et intense de par sa force émotionnelle. Merveilleux? non: cauchemardesque! et c’est pour ça que je le recommande vivement.

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